Effata ! Bulletin paroissial
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N° 206 - 24e dimanche du Temps Ordinaire - Année A

« Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés »

Le Seigneur nous oblige à remettre nous-mêmes les dettes de nos débiteurs, comme nous, nous demandons qu'on nous remette les nôtres (Mt 6,12). Nous devons savoir que nous ne pouvons pas obtenir ce que nous demandons à propos de nos péchés, si nous n'en faisons pas autant pour ceux qui ont péché envers nous. C'est pourquoi le Christ dit ailleurs : « C'est la mesure dont vous vous servirez qui servira de mesure pour vous » (Mt 7,2). Et le serviteur qui, après avoir été libéré de toute sa dette, n'a pas voulu à son tour remettre celle de son compagnon de service est jeté en prison. Parce qu'il n'avait pas voulu faire grâce à son compagnon, il a perdu ce dont son maître lui avait fait grâce. Cela, le Christ l'établit avec plus de force encore dans ses préceptes, lorsqu'il décrète... : « Quand vous êtes debout en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, pour que votre Père qui est aux cieux vous pardonne vos fautes. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est aux cieux ne vous pardonnera pas non plus vos fautes » (Mc 11,25-26) ...

Lorsque Abel et Caïn, les premiers, ont offert des sacrifices, ce n'est pas leurs offrandes que Dieu regardait mais leur cœur (Gn 4,3s). Celui dont l'offrande lui plaisait, c'est celui dont le cœur lui plaisait. Abel, pacifique et juste, en offrant le sacrifice à Dieu dans l'innocence, enseignait aux autres à venir avec la crainte de Dieu pour offrir leur présent à l'autel, avec un cœur simple, le sens de la justice, la concorde et la paix. En offrant avec de telles dispositions le sacrifice à Dieu, il a mérité de devenir lui-même une offrande précieuse et de donner le premier témoignage du martyre. Il a préfiguré, par la gloire de son sang, la Passion du Seigneur, parce qu'il possédait la justice et la paix du Seigneur. Ce sont des hommes semblables qui sont couronnés par le Seigneur, et qui, au jour du jugement, obtiendront justice avec lui.

Saint Cyprien (v. 200-258) - évêque de Carthage et martyr
La Prière du Seigneur, 23-24 (trad. bréviaire et DDB 1982, p.56)


N° 205 - 23e dimanche du Temps Ordinaire - Année A

« Je suis là, au milieu d'eux »

Celui qui célèbre tout seul au cœur du désert, il est une assemblée nombreuse.
Si deux s'unissent pour célébrer parmi les rochers, des milliers, des myriades sont là, présents.
S'il y en a trois qui se rassemblent, un quatrième est parmi eux. S'il y en a six ou sept, douze mille milliers sont rassemblés.
S'ils se mettent en rang, ils remplissent le firmament de prière.

Sont-ils crucifiés sur le roc, et marqués d'une croix de lumière, l'Église est fondée.
Sont-ils réunis, l'Esprit plane sur leurs têtes.
Et quand ils terminent leur prière, le Seigneur se lève et sert ses serviteurs (Lc 12,37 ; Jn13,4).


Saint Éphrem (v. 306-373)
diacre en Syrie, docteur de l'Église
Hymne inédite (citée dans A. Louf, « Apprends-nous à prier, Eds Foyer ND 1972, p. 158)







N° 204 - 22e dimanche du Temps Ordinaire - Année A

UNE PAGE SE TOURNE …

Il est des moments dans la vie d’une paroisse où une page se tourne, non sans émotion, mais avec confiance en Celui qui conduit toujours son Eglise.
Après quatre années de charge curiale au service du grand secteur pastorale de la Camargue Gardoise et Petite Camargue, vient pour moi le temps de quitter le secteur pastoral de Vergèze / Vauvert et remettre cette mission entre les mains d’un nouveau pasteur.

Ces quatre années auront été marquées par tant de rencontres, célébrations, de joies partagées, mais aussi par les épreuves et les moments où il a fallu avancer ensemble avec foi et persévérance.
Je veux simplement rendre grâce au Seigneur pour tout ce qui a été vécu au milieu de vous.
Je garde surtout en mémoire les visages rencontrés, les familles et nombreux fiancés accompagnés, les enfants et les jeunes de l’Aumônerie paroissiale, les personnes malades ou éprouvées, les bénévoles, et tous ceux qui, souvent dans la discrétion, donnent de leur temps et de leur énergie pour faire vivre les communautés.
Je ne pourrais oublier aussi ces temps de grâces données dans la prière et la louange - chaque 1er mercredi du mois - en la belle église rénovée d’Aimargues.
Un curé n’est jamais propriétaire de la paroisse qui lui est confiée.
Il en est, pour un temps, le serviteur.
Le Christ demeure le véritable Pasteur de son peuple.

C’est pourquoi, je peux aujourd’hui partir avec sérénité, sachant que l’œuvre commencée se poursuivra avec Monsieur l’abbé Hervé Rème qui au 1er septembre, prendra ses fonctions de nouveau curé.
Je lui adresse de tout cœur mes meilleurs vœux pastoraux. Je souhaite qu’il trouve auprès de vous une communauté accueillante, fraternelle et disponible, capable de lui offrir la confiance et le soutien nécessaires à sa nouvelle mission.
Je vous encourage à l’accueillir avec simplicité et générosité, comme vous m’avez-vous-même accueilli.
Une nouvelle étape s’ouvre : qu’elle soit pour Vergèze / Vauvert un temps de renouvellement, d’unité et de confiance, toujours davantage tourné vers le Christ et l’annonce de l’Evangile.
Quant à moi, je pars avec reconnaissance.
Je ne tourne pas une page de ma vie sans regarder en arrière avec gratitude ; je la tourne en laissant au Seigneur, le soin d’écrire la suivante.

Que Dieu vous bénisse, qu’il accompagne votre nouveau curé et qu’Il continue de faire grandir au cœur de ce secteur pastoral la joie de croire, d’espérer et de servir.

Avec l’assurance de ma prière.
In Christo,
Votre curé, abbé NOBLET +


N° 203 - 21e dimanche du Temps Ordinaire - Année A

Bâtir l’édifice de notre âme

Mon très cher et bien aimé Père dans le Christ Jésus, moi, Catherine, la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir une pierre ferme, fondé sur le doux Jésus, la pierre inébranlable. (…)

Ô très cher Père, y a-t-il une chose meilleure et plus douce que de bâtir l'édifice de notre âme ? Oui, c'est une chose bien douce, d'avoir trouvé la pierre, l'architecte et l'ouvrier qu'il faut pour cet édifice. Oh ! le bon architecte, que le Père éternel, en qui reposent la sagesse, la science, la bonté infinies ! Notre Dieu est Celui qui est ; toutes les choses qui ont l'être le tiennent de lui ; c'est un maître qui fait tout ce qui est utile, et qui ne veut que notre sanctification. Tout ce qu'il donne ou permet est pour notre bien, pour nous purifier de nos péchés, ou pour augmenter en nous la grâce et la perfection. C'est donc un doux maître puisqu'il sait bien édifier, et qu'il nous donne ce dont nous avons besoin. (…)

Nous avions perdu la grâce par le péché commis, et il est venu s'unir et se greffer sur notre nature ; il s'est donné tout à nous, car sa vertu est dans son Fils ; il l'a fait artiste aussi, en lui donnant sa puissance ; il l'a fait pierre, comme le dit saint Paul : « Notre pierre est le Christ » (1 Co 10,4).

Il l'a fait le serviteur et l'ouvrier de l'édifice, car la charité, l'amour ineffable avec lequel il a donné sa vie et son sang, a préparé la chaux, et rien maintenant ne nous manquera. Réjouissons-nous donc et tressaillons d'allégresse, parce que nous avons un bon architecte, une pierre excellente et un ouvrier qui nous a cimentés avec son sang ; et son ouvrage est si fort, que ni le démon, ni les créatures, ni la grêle, ni la tempête, ni le vent ne pourront jamais renverser cet édifice, si nous n'y consentons.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
tertiaire dominicaine, docteur de l'Église, copatronne de l'Europe
Lettre 86 à Nicolas d’Osimo, n° 40 (trad. Cartier, Téqui, 1976, tome 1, p. 585-588 ; rev.)